REVENONS UN BREF DELAI SUR LES MUNICIPALES DE CLUNY SUITE AUX CANTONALES 2008 DE MACON.
APPARAMMENT, IL Y AURAIT UNE TROISIEME LISTE QUI SE CREE A CLUNY ANIMEE PAR PIERRE-FRANCOIS BOURCET (ADJOINT A LA CULTURE DE ROLLAND).
Le troisième candidat se démasque Le secret n'aura pas duré bien longtemps. Comme nous vous l'annoncions le 27 décembre dernier, un actuel élu de la majorité municipale compte bien conduire une liste à l'investiture au Palais Jacques d'Amboise lors des prochaines municipales, face au candidat désigné par la majorité. Dans un texte diffusé sur internet daté du 25 décembre (mis à jour le 2 janvier), Pierre-François Bourcet explique en effet vouloir mener une "politique de l'amitié" en s'appuyant sur l'actuel maire de Cluny victime, selon lui, d'un "petit assassinat politique".
Tout le monde en prend pour son grade dans cette déclaration de candidature, à commencer par ses collègues de la majorité, à qui il reproche de ne pas avoir de projet hormis celui de rester au pouvoir. Sans le citer, il attaque frontalement
Lucien Zajdel "qui a voulu faire acte politique [...] à la place de son maire" en devant
suppléant UMP du député Gérard Voisin. Il lui reproche également d'être à l'origine du "meurtre entre amis" qui, à l'aube de désigner
un candidat pour 2008, a permis d'éloigner Robert Rolland de la course à l'investiture. Ambiance !
La gauche clunisoise est aussi habillée pour l'hiver, avec parfois un raisonnement à la limite du paradoxe : alors qu'il accuse la droite de faire la politique politicienne, la gauche se voit reprochée de ne pas avoir de "ligne politique affirmée"... Selon P-F. Bourcet, la gauche clunisoise est un "rassemblement épars d'intérêts divergents" regroupée autour d'un candidat "distant". Sa "préférence" irait cependant vers la gauche "de Cluny Culture" (dont il est le président en qualité de maire-adjoint chargé des affaires culturelles) et pour laquelle il ne tarie pas d'éloges : "[ces gens] sont généreux, disponibles, prêts à l'excellence"... A aucun moment il n'est fait état des différents licenciements de personnel opérés au sein de l'association ces derniers mois.
Dans son ode à Cluny Culture (ex-Office Municipal de la Culture), M. Bourcet justifie la création du comité technique "culture, patrimoine et territoire" par sa volonté de "mettre des experts en face d'autres experts" en matière de réflexion sur le patrimoine à Cluny. Une intention certes louable, mais où l'on peut également voir un risque d'instrumentalisation politique de l'association dépositaire du budget municipal de la culture...
La contestation du projet Cluny 2010 des Monuments historiques ("ground zero" et "Clunyland") est en effet l'un de ses quatre axes de campagne, avec la création d'un pôle nucléaire à l'ENSAM (reprise d'une proposition de la Société des Amis de l'ENSAM de Cluny en 2006, dont il faut relever la pertinence au vu des besoins actuels dans la proche région), la préservation du centre urbain et le choix d'une "nouvelle gouvernance".
La critique de la faillite du Conseil municipal, simple "chambre d'enregistrement", est en effet un autre point clef selon P-F Bourcet. Afin d'y remédier, il souhaite, schéma à l'appui, vouloir mettre en place des "groupes de travail de quatre conseillers" dont un représentant de l'opposition, ainsi que des "commissions libres d'accès" à tous les clunisois, sorte de débats participatifs "annoncés par voie de presse", qui pourront se tenir dans la nouvelle salle du Conseil municipal qu'il propose de délocaliser au premier étage de l'écurie n°3 du Haras national "placée quasiment entre ciel et terre, en étroite relation avec le dernier clocher abbatial, symbole des étapes de notre histoire"...
Quant au soutien au tissu commercial local, le candidat propose de mettre en place des "navettes automobiles... électriques" qui feront le lien entre les parkings extérieurs et le centre-ville "toutes les 10 minutes".
Reste que Pierre-François Bourcet, qui se réclame tout autant de Ségolène Royal (dont il salue la volonté de renouvellement du fonctionnement politique) que de François Bayrou et sa "dynamique du centre" avoue n'avoir ni programme, ni liste de candidats à présenter pour mener sa "politique de l'amitié" (terme emprunté à François Cusset lors de sa conférence à Cluny du 13 décembre dernier) qui doit conduire Robert Rolland à reprendre le pouvoir sur ses collègues de la majorité...
LETTRE OUVERTE AUX CLUNYSOIS, CLUNYSOISES DE P.F. BOURCET
"Chers Clunisoises et Clunisois, Chers amis,
Nous allons bientôt être devant le choix d'un projet pour CLUNY qui va engager notre ville pour
les prochaines décennies.
Je ne vous livre pas un programme électoral, qui se bâtit en équipe mais une proposition de
réflexion sur des axes forts, intangibles, qui eux pourront constituer la base concrète à partir de
laquelle nous pourrons nous rassembler.
Les réflexions que je vous soumets seront à même de déterminer les enjeux d'une élection
municipale que je pense être la plus importante pour la ville depuis bien longtemps.
Il est indispensable de connaître et comprendre exactement tous les aspects du puzzle incroyable
qui se propose à nous tous.
En m'adressant à vous, je veux simplement vous apporter ma contribution, mes sentiments et je
l'espère ma détermination à tout faire pour que Cluny puisse espérer le meilleur.
Nombreux sont les Clunisois qui souhaitent que nous explorions ensemble l'hypothèse d'une
troisième voie, d'une troisième liste... en voilà les prémices et je réponds à leur demande.
La démarche est nouvelle et différente des démarches habituelles puisqu'elle propose d'abord de
se rencontrer sur un projet et ensuite, très naturellement, d'y associer des Clunisoises et des
Clunisois d'où qu'ils viennent.
L'inverse serait, comme habituellement, de constituer d'abord une liste et ensuite de bâtir le
projet. [.....]
- 1995 : deuxième élection
L'équipe Rolland est victorieuse, mais elle a dû composer avec les états-majors. Le « politicien »,
au sens de l'esprit de parti, commence à refaire surface.
- 2001 : troisième élection
Dans la composition de cette 3ème liste Rolland et pendant cette mandature, les choses vont être
dites clairement : « le politique » -de droite-, s'installe dans cette liste... de droite. Rien
d'étonnant en soi, mais à partir de 2001 nous voyons ce qui est pour moi l'esprit et l'attitude
d'une politique politicienne prendre le pas sur ce que j'appellerai « l'esprit ou la manière Robert
Rolland ».
Nous avons maintenant parmi nous un délégué UMP de la première circonscription du
Mâconnais et du Clunisois qui veut et revendique, son espace et même, depuis peu, nous avons
un suppléant député UMP qui a voulu faire acte politique en devenant, à la place de son maire,
(une histoire entre R.R. et Gérard Voisin, tous deux à l'époque UDF), suppléant du député UMP
de la circonscription. Bref ! La droite, frustrée d'une victoire qu'elle a estimée ne pas être la
sienne en 1989 revient ostensiblement aux affaires.
Qu'on ne se méprenne pas, il apparaîtra évident à chacun que le champ politique appartient aux
politiques. Mais -et c'est bien connu d'un côté comme de l'autre, à droite comme à gauche- que
ceux-ci manifestent volontiers une certaine tendance à la partialité et cherchent avant tout à se
positionner par rapport à l'adversaire. Qu'en est-il alors de l'intérêt commun ?
- 2008 : quatrième élection
La boucle est bouclée ; il est usé, fatigué dit-on de Robert Rolland, 18 ans déjà, il a fait son
temps, d'ailleurs les clunisois ne l'aiment plus, voire ne le supportent plus, il doit partir, place
aux jeunes, avec lui « on va perdre », il n'a pas une « bonne image », « les gens veulent du
changement ».
Autant de raisons, n'ayant rien à voir avec la politique, qui vont permettre, contre tout esprit
d'humanité, le retour du « politicien » et de l'esprit partisan.
Un ami à qui je disais qu'on ne pouvait pas fonder une quelconque espérance en politique en
fondant son action sur « un assassinat » politique me disait : « détrompe toi, et il citait pêle-mêle
Chirac avec Giscard – Sarkozy avec Chirac, et comme il est de gauche, en revendiquant pour eux
et comme une excuse, une forme de subtilité et d'intelligence : Mitterrand avec Marchais, et
encore disait-il, récemment à gauche... »
Je lui répondais qu'évidemment il avait raison, mais que « ces meurtres entre amis » avaient
finalement lieu très loin de nous, dans les salons parisiens, et que, pour nous, citoyens électeurs
installés au coeur de la France profonde, très loin du « monde » , seulement informés froidement
sur un mode purement médiatique - alors là la télévision pour une fois éloigne et protège - tout
cela n'avait pas d'incidence car hors du champ de notre quotidien et de notre humanité.
Et j'ajoutais, par contre, qu'il en allait très différemment pour nous de Robert Rolland. Lui, à la
différence des politiciens parisiens, il est parmi nous, on le croise dans la rue, il habite à côté de
nous, il est des nôtres, il participe comme nous tous, et comment !..., de cet être social que forme
notre communauté toute entière.
Les politiciens locaux ont tendance à reproduire à leur échelle... (donc petite et locale), les
exemples venus d'en haut, et se trouvent ainsi en décalage total avec ce que nous percevons
réellement de la situation qui fait notre quotidien.
Ils l'ont donc conduit à se retirer... « Il vous semble bon de ne plus vouloir de moi leur a-t-il
dit... » Et il est parti.
La droite clunisoise est redevenue simplement politicienne.
Quels objectifs cette nouvelle droite locale pourrait-elle poursuivre à Cluny ? Rien de bien
particulier. En fait tout va à peu près bien ici, les enjeux importants sont surtout des enjeux
nationaux. Il suffit de pouvoir exister... de trouver la bonne méthode pour rendre la victoire
possible... de pouvoir se compter et de rester fidèle... à elle même.
Elle souhaiterait simplement pouvoir conserver l'existant, et sans doute transformer la mairie en
simple cellule de veille, faire un travail à l'économie... gérer a minima.
Innover ? Inventer ? Non, pas trop...
Un désir ou un souhait ? Un seul ? alors allons-y : il serait quand même plus agréable de
s'endormir le soir en sachant que la mairie de son coeur sera encore une mairie de droite, la
boucle serait alors bouclée, tout est bien... dormons.
Pour ma part, tout ça finit par me rendre insomniaque...
Le centre droit qu'incarnait Robert Rolland, où est-il ? Je suis certain qu'il existe, je l'ai
rencontré à l'occasion de l'action municipale que j'ai conduite.
Qu'en est-t-il à gauche ?
Un rassemblement épars d'intérêts divergents et rassemblés par l'idée de victoire...
La gauche est devant un champ politique national exsangue, à l'inverse d'une droite plutôt
triomphante ; d'où sans doute et également le désir de politisation que cette dernière déploie
volontiers à CLUNY.
Cette absence -bien sûr provisoire et temporaire pour la gauche- d'une ligne politique affirmée
est dommageable pour une politique nationale, mais paradoxalement, pas essentielle quand on
ramène la politique à l'échelle qui nous concerne : la gestion locale d'un petit territoire.
A gauche, dans ce champ éclaté, peuvent se trouver -et j'y verrais paradoxalement quelques
avantages- loin des dogmatismes révolus, des libertés et des rencontres possibles...
Que font-ils de cette situation, somme toute favorable ?
La gauche clunisoise, je parle de celle active sur le champ politique et uniquement de ceux qui en
sont les acteurs, est constituée en strates, comme un mille-feuille.
La première :
Une gauche qu'on pourrait qualifier de mitterrandienne, celle à laquelle on pense quand on
évoque les années Mitterrand, plutôt bourgeoise, prenant son plaisir dans l'affichage de sa bonté
d'être, marquée par un goût prononcé pour « la posture », qui tient lieu alors de substitut à
l'action.
Le choix a été fait, lors de sa déclaration de candidature, d'établir une distance entre le lieu où le
candidat postulant s'exprime : le bureau directorial, et l'autre lieu qui est sujet : la ville.
C'est cet écart, cette distance marquée et forcément revendiquée qui, à l'avenir, va bien sûr tout
compliquer.
Mitterrand, mais n'est pas Mitterrand qui veut, aurait lui annoncé sa candidature en ville, sur le
terrain, et qui sait, après un repas au milieu d'entre nous, comme alors, à CHATEAU-CHINON.
Tout cela est forcément difficile à entendre, mais ne devrions nous pas finir par préférer la
générosité à la charité.
Cette gauche mitterrandienne on l'a vu, n'a pas fait la politique qu'on attendait d'elle : en
avançant masquée, elle a simplement pris les places et servi ses intérêts.
La deuxième :
C'est déjà un peu mieux, elle se dit ancrée dans le territoire, elle se veut l'émergence du territoire,
elle revendiquerait même volontiers, dans son action, l'idée d'authenticité quitte à se rapprocher
insensiblement de l'idée de terroir. Elle se dit également être investie « en clunisois ». Elle
invente volontiers des « Ballades en clunisois », ... du « Barouf en clunisois », comme si elle
entrait « en religion » ... forcément la pureté des intentions est présente... voyez « Jazz campus
en clunisois » ... c'est le jazz d'ici, pas d'ailleurs... en fait, et à y voir de plus près, on n'est pas
trop regardant : on importe quand même...
Tout est dans l'affichage, c'est que, bien sûr, le territoire c'est sacré : c'est forcément le jazz
d'ici, le « barouf » d'ici.
Les voilà qui basculent dans le terroir... sacré terroir.
Le lieu d'où l'on parle finit lui par entrer en religion, il a vocation au sacré... et les prêtres qui
l'animent aussi.
Cette gauche pense le « local » au risque du localisme et du repli sur soi. Elle existerait volontiers
pour elle-même. Elle dit penser forcément juste car sa pensée est, dit-elle, profondément morale
et que la morale ne saurait être sujette à interprétation.
La contradiction est difficilement vécue, cette gauche n'est pas dans le partage. Elle
fonctionnerait volontiers dans l'entre soi, dans la reconnaissance du clan.
Tout cela la conduit aux disfonctionnements exposés dans la série télévisuelle bien connue de «
La croisière s'amuse ». Le territoire devient le bateau qui largue les amarres et part en croisière.
Alors, l'entre soi devient jouable, on peut se lâcher, les plus petits d'entre nous sont admis à la
table du commandant, et la petite nièce qui joue du piano devant la famille devient alors une
grande artiste...
La troisième :
C'est celle qui a ma préférence. Elle a investi CLUNY CULTURE. La soixantaine de personnes
qui, membres de CLUNY CULTURE, réfléchit sur ce territoire, n'est quasiment composée que
de gens de sensibilité de gauche et c'est là l'intelligence respectueuse du travail de R. Rolland. La
ville de CLUNY peut être fière de leur présence et de leur action. Ils sont généreux, disponibles,
prêts à l'excellence, toujours en quête du meilleur pour ce territoire, libres dans leurs réflexions.
A l'origine de ce travail culturel, de ce fonctionnement bénévole et désintéressé se trouve Jean-
Louis Hourdin, clunisois depuis longtemps : il habite à MASSILLY. Il a su imprimer ce qui fait
la marque de CLUNY CULTURE, et lui donner une orientation décisive autour de ce qui est la
constante de son travail de chef de troupe et qu'il définit avec une sorte d'exigence républicaine
respectueuse : « être à la fois savant et populaire ».
Cette gauche là, où la pensée est toujours en mouvement, sans qu'aucun objectif préétabli ou
postulat réducteur ne vienne affaiblir la pensée, elle est magnifique.
Où est-t-elle à CLUNY ?
Essentiellement dans le champ culturel. [.......]"
Vous pouvez retrouvé l'intégralité de cette lettre sur le site : http://cluny2008.hautetfort.com/tag/bourcet
Le guide cherche sa prochaine destination .........................